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Histoire Moderne

Comment quantifier la population parisienne au XVIIe siècle ?

Bonjour ! 

Je suis heureuse de te retrouver pour parler de Paris. Bien avant son statut de ville de l’amour, elle occupe celui de la première ville d’occident au XVIIe siècle. Bien qu’au XVIIIe siècle elle se fait doubler par Londres, les historiens souhaitent quantifier la population parisienne. Le métier d’historien nécessite de se baser sur des sources mais lesquelles ? 

Quelles sources utiliser pour quantifier la population parisienne ?

Sous l’Ancien Régime pour ce qui est de comptabiliser la population, on peut compter sur les registres paroissiaux. Ils sont tenus par les paroisses et enregistrent les baptêmes, les mariages et les décès des paroissiens à partir de 1539. Les baptêmes correspondent approximativement à toutes les naissances puisque le pays est majoritairement catholique (et Paris aussi !). Les registres sont donc le meilleur moyen de se rapprocher d’un recensement. Néanmoins, les registres paroissiaux comptabilisent la population catholique uniquement. Les Juifs et les protestants (10% de la population) ne sont pas compris dans ce recensement.

De plus et bien malheureusement, tous les registres parisiens de la période ou presque ont disparu dans un incendie de l’Hôtel de Ville. On sait que la monarchie depuis 1670 compile ses registres pour en dresser des états mensuels de Paris. Ceux-ci sont lacunaires entre 1660 et 1709 puis intégrales entre 1709 et 1789. Pour retrouver les chiffres originaux, il faut faire des calculs et les taux qui en résulte sont donc des hypothèses. 

Attention ! Certains sont tentés d’établir des chiffres en déduisant le nombre d’habitants parisiens par le chiffre de la consommation de pain, le nombre de maisons, les payants aux impôts ou encore le nombre des communiants. Ces méthodes ne sont pas fiables puisque ce serait de la déduction avec trop de valeur inconnue. 

Quelques ordonnances importantes : 

1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts

1579 : Ordonnance de Blois

1667 : Ordonnance de Saint-Germain-en-Laye

1736 : Déclaration royale

1792 : Etat civil

Alors combien ? 

Dès le XVIIIe siècle, les hommes veulent connaître leur nombre et livrent des estimations. Environ 500 à 700 000 habitants selon les années et les estimations. Les historiens font le même travail mais privilégient les naissances et les mariages qui sont plus fiables que les décès à cause des maladies, accidents et autre. Les études démographiques de la population de Paris livrent les chiffres de 430 000 habitants environ pour les années 1650, environ 510 000 habitants pour 1700, pour 1750 environ 570 000 habitants et 620 000 habitants environ en 1789. 

La population est donc en croissance malgré un ralentissement au fur et à mesure. 

Quelles conclusions en tirer ? 

  • Une natalité faible : Fort pourcentage de célibat et contrôle des naissances
  • Une forte mortalité : urbaine et infantile. Beaucoup de maladies telles que la rougeole et la variole (pour ne citer qu’elles). On constate que les enfants placés chez des nourrices meurent à hauteur d’un tiers ! Ce chiffre prend tout son sens quand on sait que près de 80% des enfants parisiens sont placés en nourrice. Par ailleurs, comme dans les autres villes et campagnes du royaume de nombreux enfants entre 1 et 5  ans meurent. Pour Paris il faut compter 80% soit 8 sur 10. 
  • Paris, une ville d’immigration. Eh oui ! Paris attire environ 5 à 10 000 individus par an. Par contre, si on compte ce qui rentrent il faut aussi compter ce qui sorte de Paris. Pour beaucoup, l’immigration n’est que temporaire. Ce sont plus les hommes qui y viennent car les familles laissent plus aisément partir les garçons que les filles. De plus, certains veulent échapper aux milices. Grosse erreur puisque 85 % des soldats recrutés à Paris n’y sont pas nés. Paris est donc une ville masculine comme le témoigne la mortalité de la seconde moitié du XVIIIe siècle avec 1500 morts masculines de plus que pour les femmes.

Pour comprendre : 

  • Placement en nourrice : Les mises en nourrices consistent à placer les nourrissons chez la nourrice via un bureau de placement dans une ville ou un village à proximité et assurent leurs voyages et leurs retours.

  • Crise démographique : « Quand le nombre annuel de décès double et que dans le même temps le nombre de naissances diminue d’au moins un tiers, en prenant pour base la moyenne ou le mode des années normales entre deux crises. » (Pierre Goubert)

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Méthodologie

Qu’est ce que l’historiographie ?

Tout d’abord, l’historiographie est une des bases de l’étude de l’histoire. Elle est à maitriser dès la première année de licence afin de d’améliorer ses connaissances et d’optimiser tes devoirs !

En histoire, il n’y a pas que les faits et les dates qui comptent. L’histoire est une science et comme les autres, il y a des courants de pensée qui structurent son apprentissage et la façon dont on traite un sujet. La matière historique telle qu’elle nous est enseignée est divisée en quatre périodes qui nous permettent de voir l’évolution du temps. Par exemple, au Moyen-Âge siècle, le temps est cyclique. Les populations vivent au rythme de la liturgie et du travail dans les champs. Ce temps peut se mêler au temps stratégique qui consiste à attendre le retour du Christ. À la Révolution Française, la laïcisation du temps change considérablement sa perception. La preuve que le changement trop brusque est impossible est le retour à la périodisation selon le calendrier chrétien même sous une République laïque. 

La périodisation

Cette périodisation suit plus ou moins les dates suivantes. 

La première période est l’histoire ancienne. Elle concerne l’antiquité allant de 3500 av. J.C. à 476 (date de la chute de l’Empire romain). 

Le deuxième période est l’histoire médiévale, elle s’étend de la chute de l’Empire romain à la chute de Constantinople en 1453. Certains historiens repoussent cette chronologie jusqu’en 1492 date de la découverte du Nouveau Monde et de la prise de Grenade. 

L’époque moderne commence donc dans la seconde moitié du XVe siècle pour s’achever en 1789 lors de la Révolution Française. 

La quatrième et dernière période est celle de l’histoire contemporaine concernant tous les événements depuis 1789 à nos jours. 

Historiographie : définition

Une fois la périodisation claire, nous pouvons passer au sujet du jour : L’HISTORIOGRAPHIE. Cela désigne la manière dont les sujets des différentes périodes sont traités. Selon l’époque et les écoles, il y a différents moyens de considérer des événements historiques.  Selon Carbonell, l’historiographie est l’examen des différents discours de la méthode historique et des différentes écritures. Attention, il ne faut pas confondre cela avec l’épistémologie qui est la science sur les discours. L’historiographie évolue elle aussi à travers ce qu’on appelle des écoles historiographiques. 

Les écoles historiographiques

Les Mauristes

La première est celle des Mauristes. C’est la congrégation de Saint Maure au XVIIe et XVIIIe siècle qui est chargée de l’histoire. 

L’Académie des inscriptions des Belles Lettres

Ensuite sous Louis XIV, cette tâche est confiée à l’Académie des inscriptions des Belles Lettres. L’histoire qui intéresse est alors l’histoire officielle qui ne laisse pas de place à l’objectivité. On ne considère pas qu’il y ait une vérité historique.

Les historiens romantiques

Au XIXe siècle, l’histoire tombe aux mains des historiens romantiques. On peut citer Guizot et Michelet et leur Histoire de France

L’école positiviste

Puis, l’école positiviste apparaît. L’histoire devient une discipline, on vise l’objectivité maximale. Pour cela, on dresse des inventaires et des synthèses. Pour citer un historien de cette école, on retiendra Seignobos. 

L’Ecole des Annales

La cinquième école et la plus connue est celle de l’École des annales. Elle prend place au XXe siècle et prône la diversité des sources, l’élargissement de la documentation, de la thématique et l’intégration de problématiques et d’hypothèses. Ici, les deux noms à retenir sont sans hésiter Marc Bloch et Lucien Lefebvre. 

La nouvelle histoire

La sixième école est celle dans laquelle nous sommes, la nouvelle histoire. C’est une école qui prend en compte d’autres domaines comme la démographie et l’anthropologie pour faire de l’histoire une discipline complète qui se mêle aux autres. On peut prendre l’exemple de Georges Duby ou de Fernand Braudel. 

Le mot de la fin

Enfin, rappelez-vous, ce qui fait d’un travail historique un bon travail c’est aussi la recherche historiographique sur le sujet donné. Un bon nombre de travaux datent et sont historiographiquement dépassés attention ! 

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