La bataille de Crécy, défaite emblématique de la guerre de Cent Ans


Histoire Médiévale / lundi, octobre 8th, 2018

Salutations ! Cette fois je te propose de parler de la bataille de Crécy, défaite emblématique de la guerre de Cent Ans. Rapide rappel: la guerre de Cent Ans : conflit opposant les royaumes de France et d’Angleterre entre 1337 et 1453. Elle est provoquée par la mort sans héritier de Charles IV en 1328 entraînant la fin du miracle capétien. Édouard III d’Angleterre revendique la couronne étant petit-fils de roi. Cependant, elle va à un cousin, Philippe VI de Valois puisqu’ Edouard est roi d’Angleterre depuis 1327.

Crécy est en effet la première grande bataille rangée de la guerre de Cent Ans. Elle a lieu le 26 août 1346. Rapidement, elle met en lumière les faiblesses et failles de l’armée française face à une armée anglaise plus efficace.

Un brin de contexte sur le début de la guerre de Cent Ans

Le conflit démarre par une guerre indirecte entre la France et l’Angleterre notamment en Ecosse. Cette guerre est coûteuse pour les deux camps. Édouard III décide donc de changer de stratégie et d’attaquer sur le royaume de France afin de faire du butin. Il y a nécessité de faire taire les oppositions et d’envoyer au combat la noblesse anglaise qui crée quelques troubles dans le royaume. C’est ce qu’on appelle : les chevauchées anglaises. Tu peux télécharger gratuitement le tableau des chevauchées anglaises durant la guerre de Cent Ans en cliquant ici. La bataille a lieu au cours de la troisième chevauchée d’Edouard III qui débarque en juillet 1346 en Normandie.

Philippe VI de Valois souhaite couper court à la chevauchée qui dévaste le plat pays. Accompagné de son ost et de troupes d’arbalétriers génois, il se lance à la poursuite de la chevauchée en Picardie. Cependant, l’armée française est désorganisée. Le type de recrutement ne permet pas la cohésion car les ordres viennent de plusieurs hommes. D’abord, le roi commande à ses vassaux. Puis, ces vassaux eux-mêmes ont des vassaux et parfois les ordres ne sont pas transmis. De surcroît, lors de cette bataille, certains partent en avant et d’autres sont en retard. Les effectifs s’étendent sur une longue distance au lieu d'être regroupés. L’ordre est donné d’attendre le regroupement des troupes et de ne pas attaquer mais il n’est pas respecté. Arrivée à Crécy-en-Ponthieu, les hommes au devant de l’ost interceptent les Anglais, bien préparés, qui acceptent la bataille.

La bataille de Crécy, une débâcle française 

Il faut savoir que la bataille au Moyen-Âge n’est pas aussi fréquente que ce que l’on pourrait croire. En effet, son issue est perçue comme l’expression du jugement de Dieu. Le perdant a donc gros à perdre. S’il perd cela veut dire que Dieu pense qu’il est en tord. Les batailles sont également redoutées car on y perd facilement son armée et on expose sa vie.

La bataille de Crécy est pourtant acceptée par les Anglais qui n’ont pas d’autres choix. Toutefois, Edouard III choisit le lieu de la bataille. La chevauchée anglaise se place en deux lignes plaçant les archers, protégés par des pieux,  devant. Elle est sur le flanc d’un plateau ce qui contraint les Français à charger en pente ascendante. Les conditions climatiques n’arrangent pas le camps français puisqu’il pleut. Le sol est détrempé, il est difficile de charger. Les arbalètes sont également mouillées. De  surcroît, les pavesiers (ceux qui portent le bouclier, pavois) sont restés en arrière et les arbalétriers sont sans protection.

Très vite, les archers anglais prennent l’avantage, ils peuvent tirer jusqu’à dix flèches par minute pour une portée de 200 mètres. À titre de comparaison, les arbalètes utilisées par le camp français sont plus puissantes et  précises mais aussi plus lentes à recharger, trois à six fois moins rapides. La chevalerie française charge à plusieurs reprises mais en vain… Selon plusieurs sources la bataille dure deux jours. Cette bataille cause donc des pertes colossales. Avant, de dresser un bilan il faut connaître les forces en présence.

bataille de Crécy Froissard guerre de Cent Ans curlhistory
La bataille de Crécy par Froissard

Les forces en présence

Les Français sont incontestablement plus nombreux. Ils sont sur leur territoire, la levée de l’ost permet un effectif très ombreux. Deuxièmement, les Anglais doivent traverser la Manche et sont contraint de se déplacer en petit effectif dans un soucis logistique. On estime que les forces françaises sont de 25 à 50 000 hommes tandis que les Anglais comptent 10 à 12 000 hommes dans leur rang dont ⅔ d’archers. Alors pourquoi les Français ont-ils perdu ? Les Anglais sont moins nombreux mais les hommes ont été triés et combattent ensemble depuis le début de la chevauchée. Les Français ont, on l’a vu, un manque de cohésion. Ils sont nombreux mais mal organisés et certains sont orgueilleux et font du zèle ce qui nuit aux troupes.

Le bilan

Du côté français les pertes humaines sont considérables, on parle de 4000 gens de pied et 700 hommes d’armes. Ce constat dressé par Gilles le Muisit semble juste. Il est important de saisir la gravité de cette défaite pour la noblesse française. Beaucoup de grands seigneurs sont morts. S’il ne chiffre pas les pertes anglaises, on sait par les autres sources, qu’elles sont sensiblement plus faibles : de l’ordre de quelques centaines.

La bataille de Crécy met en lumière les failles de l’armée française. D’abord, une faille tactique : Les Français ne se sont pas regroupés et l’attaque paraît avoir été menée dans le désordre. Puis, une faille de commandement : il y a une désorganisation de l’armée et une désobéissance au roi. Enfin, une faille dans la structure même de l’armée : Le système de mobilisation des troupes paraît dépassé face à une armée anglaise restreinte et sur le chemin de la professionnalisation à travers des contrats d’endenture.

Quelles sources pour la bataille de Crécy  ?

Face à un événement d’une telle importance, nous disposons de nombreux récits contemporains de la bataille. Il y a notamment les chroniques de Gilles le Muisit (1272-1352) et de Jean le Bel (1290-1370).

Pour aller plus loin sur la guerre de Cent Ans :

Boris Bove, Le temps de la guerre de Cent Ans, Paris, Belin, 2009.

Philippe Contamine, La guerre de Cent Ans, Que sais-je ?, 1968 (9e édition en 2010).

Alain Demurger, Temps de crise, temps d'espoir, Paris, Le Seuil, 1991.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *