Les Conjurations de Lucius Sergius Catilina


Histoire Romaine / vendredi, août 24th, 2018

À Rome, comme dans les autres lieux du pouvoir, on peut trouver des alliances, des conspirations et des trahisons. La République Romaine n’y échappe pas et aujourd’hui je propose d’aborder les Conjurations de Lucius  Sergius Catilina.

Qui est Catilina ?

Lucius Sergius Catilina est un patricien vivant de 108 à 62 av. J.C. Il est issu de la puissante gens des Sergii. Il est donc naturel pour lui de prétendre à une carrière prestigieuse. Toutefois, ses espoirs vont être mainte fois déçu et il ne parviendra jamais à se faire élire consul perdant face à Cicéron puis face à Murena. Deux hommes qui ne méritaient pas selon lui d’occuper le poste prestigieux. L’un étant un homme nouveau et l’autre essuyant un procès simultanément à sa campagne électorale.

Les Conjurations de Lucius Sergius Catilina

Les Conjurations de Lucius Sergius Catilina Cicéron Sénat
Ciceron au Sénat accuse Catilina de conjuration par Cesare Maccari.

La Première Conjuration

En 66, lors de son retour d’Afrique et de la fin de son procès pour concussion, il décide de monter une conspiration qui sera la Première Conjuration. Il obtient l’aide de Publius Cornelius Sulla et Autronius. Ils veulent assassiner les consuls en place aux calendes de janvier et d’octroyer la dictature à Crassus, César serait maitre de cavalerie et Autronius et Sulla retrouveraient leurs places de consuls. La conjuration échoue totalement, Crassus ne vient pas donc César ne donne pas le signal. Catilina décale l’attaque pour février mais les conjurés sont peu nombreux et pas assez armés. En effet, Catilina a haussé ses prétentions en voulant tuer également un grand nombre de sénateurs.

La Seconde Conjuration

Catilina refuse de rester sur un échec et en 64 il monte la Seconde Conjuration. Elle rassemble beaucoup de gens importants, quelques chevaliers, nobles et patriciens. Le but est de tenter un coup d’état à Rome et de former une puissance militaire en Etrurie avec les Gaulois Allobroges.

Cependant, un des conjurés en raconte trop à sa maîtresse sur l’oreiller et celle-ci va trouver Cicéron pour tout lui raconter. Les consuls installent un réseau de mouchards. La ville est alors en panique il y a des patrouilles constantes et les femmes se lamentent. Toutefois, on ne trouve aucune preuve. Cicéron, certain qu’il y a bel et bien une conjuration, veut tendre un piège à Catilina pour le forcer à avouer. Il réunit la curie au temple de Jupiter Stator (en dehors du pomerium). Le temple est cerné de soldats pour protéger les sénateurs. Cicéron lui-même a mit une cuirasse sous sa toge. Pendant son discours, il pousse à bout Catilina pour qu’il quitte Rome et aille rejoindre ses troupes en Etrurie. Le discours est habile car il parle au conditionnel.

Les Allobroges finissent par fournir des documents prouvant la Conjuration. Cicéron use du sénatus-consulte ultime. On arrête les conjurés et débat sur leur sort César est contre leur mise à mort mais Caton le Jeune est pour. Finalement, ils sont exécutés sans procès.

Des sources ?

Cette seconde conjuration est très documentée. Nous possédons aujourd’hui de nombreux récits des événements dont ceux de protagonistes comme Cicéron, Les Catilinaires. Une des sources majeures est Conjuration de Catilina par Salluste. Les Grecs Appien et Dion Cassius en  donnent eux aussi une version. L'événement est si important qu’il sera repris par Plutarque, auteur de l’Empire romain.

 

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