Qu’est ce que le boulangisme ?


Histoire Contemporaine / mercredi, février 13th, 2019

Hello ! Je vous retrouve dans un nouvel article d’histoire contemporaine pour répondre à la question suivante : qu’est ce que le boulangisme ?

Une définition simple du boulangisme

Tout d'abord, le boulangisme est un mouvement qui tire ses racines des protestations du général Boulanger entre 1886 et 1889 contre le régime en place. Le boulangisme prend place sous la IIIe République (1870-1940).

Le contexte de l'arrivée du boulangisme en France

La France, depuis la chute du Second Empire, est une république. Cette république est dès le départ confrontée à de nombreux défis comme par exemple tenir en échec les monarchistes. Elle s’efforce de poser ses bases entre 1870 et 1885. Puis, survient ce que l’on pourrait appeler “ le temps des crises”.

D’abord, une crise politique de part la défaite contre l’Allemagne et la perte de l’Alsace-Lorraine. Cette crise est également renforcée par l’accumulation de scandales tel que le Scandale des décorations (1887).  Ensuite, une crise économique avec la faillite de l’Union générale en 1882 suivie d’une panique boursière. On dénombre 8756 faillites pour l’année 1886. Puis, une crise sociale avec une recrudescence d'antisémitisme et de xénophobie. Enfin, on peut parler de crise nationale puisque les nationalistes reprochent au gouvernement républicain de ne pas préparer de revanche contre les Allemands et d’être trop “faible” face à eux. Le régime est donc discrédité aux yeux de la population.

Le général Boulanger (1837 -1891)

Comme on l’a dit plus tôt, le boulangisme tire son nom du général Boulanger. Cet homme est un héros de guerre du Second Empire. Il a combattu en Kabylie, en Italie et en Indochine. Il est directeur de l’Infanterie au ministère de la Guerre en 1882 puis commandant des troupes françaises en Tunisie en 1884. En janvier 1886, il est nommé ministre de la guerre. Rapidement, il devient populaire grâce à des réformes qui améliore la vie des soldats. C’est l’homme aux 60 décrets en un an.

Il est surnommé “général revanche” lors de l’affaire de Schnaebelé quand il souhaite mobiliser les troupes au risque de causer une guerre avec l’Allemagne. Il quitte la fonction de ministre à la chute du gouvernement Goblet en mai 1887.

Du ministre Boulanger au boulangisme

Le départ de Boulanger du gouvernement donne lieu à une protestation de 10 000 personnes durant plus de trois heures à la gare de Lyon.

Les Bonapartistes, les monarchistes, la gauche et l'extrême-gauche le soutiennent. Le mouvement du boulangisme est alors basé sur la volonté de revanche contre l’Allemagne qui avait imposé à la France une humiliation.

Il est exclu de l’armée pour avoir candidaté illégalement à plusieurs élections en février et mars 1888. Un des exemples les plus fameux est celui de l’élection de la Seine où à la suite d’un appel d’Henri Rochefort il obtient 100 000 voix sans s’être représenté.  

En avril 1888, il devient député du Nord et chef du camp nationaliste à la Chambre.  Le 13 avril suivant, il se bat en duel contre le président du Conseil, Charles Floquet et il est blessé.

Le boulangisme : de l’apogée à la fin

Ensuite, Boulanger constitue un Comité républicain de protestation nationale devenu ensuite Comité républicain national. Il exige la révision de la Constitution et la dissolution de l’Assemblée parlementaire.

Boulanger apparaît dangereux pour la République qui dénonce “le complot boulangiste”. Il rassemble derrière lui tous les mécontents et semble avoir toujours plus de succès auprès du peuple. Il se présente pour les élections de Paris. Les foules s’amassent et la tension est à son comble. Finalement, le 27 janvier 1889, il est élu à Paris avec 244 000 voix. Beaucoup l’appellent à prendre l’Elysée mais Boulanger refuse. Ce dernier épisode marque pour certains sa décrédibilisation.

Enfin, en avril 1889, l'Etat lance un mandat d’arrêt contre le général qui s’exile à Bruxelles.

Pour aller plus loin

ANCEAU Éric (dir) et GARRIGUES Jean (dir), Citoyenneté, république, démocratie en France de 1789 à 1899, Paris, Classiques Garnier, 2015.

GARRIGUES Jean, Le Boulangisme, PUF "Que sais-je ?", 1992.

LEVILLAIN P, Boulanger, fossoyeur de la monarchie, Flammarion, 1982.

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